Lauréate du prix WEIT de Dalkia, Sofia Oré Vasquez, étudiante péruvienne en double diplôme à IMT Atlantique et stagiaire chez EDF, témoigne de son parcours d’excellence dans le secteur de l’énergie et de son engagement pour la mixité dans l’ingénierie.
Présentez-vous en quelques mots
Je m’appelle Sofia Oré Vasquez, je suis péruvienne et diplômée en génie électrique de l’Université Nationale d’ingénierie (UNI) au Pérou. En 2023, j’ai intégré le programme de double diplôme d’ingénierie à IMT Atlantique, en France, ou j’ai choisi deux spécialisations : Transition énergétique et Management de la Performance.
Depuis avril, j’effectue mon stage de fin d’études à Paris, au sein du pôle Stratégie de la Direction du Développement Nucléaire International (DDNI) du groupe EDF. Cette entité est dédiée à l’accompagnement des pays cibles du groupe dans toutes les étapes d’un projet nucléaire civil, depuis les phases amont jusqu’à la signature du contrat.
Comment avez-vous connu le prix Dalkia Women’s Energy in Transition ?
Lors de ma première expérience de stage en France, j’ai eu l’opportunité d’intégrer RTE, au sein de l’équipe Europe, chargée des projets futurs d’interconnexion électrique entre la France et ses pays frontaliers. Au cours de cette expérience, j’ai pu développer un réseau de
contacts professionnels, et c’est par l’un d’eux que j’ai découvert l’ouverture des candidatures au Prix WEIT, via une publication sur LinkedIn. Ce prix a immédiatement attiré mon attention en raison de son approche inspirante et de ses valeurs porteuses de sens.
Quel est le projet que vous avez présenté pour le concours, et ce qui, selon vous, a permis de remporter ce prix ?
Le Prix Dalkia est directement lié à la transition énergétique. J’ai donc choisi de présenter mon parcours de manière dynamique et centrée sur cette thématique.
J’ai eu la chance de vivre plusieurs expériences internationales avant d’arriver en France, toutes différentes mais directement liées au secteur énergétique et à la transition énergétique.
Par ailleurs, je suis engagée depuis plusieurs années dans des associations qui promeuvent l’égalité des genres dans les sciences et l’ingénierie, à travers des actions de bénévolat et des activités extra-académiques.
Je pense que ce qui m’a permis de remporter le premier prix, c’est d’avoir conservé depuis des années maintenant l’idée de construire un profil complet, à la fois technique et humain.
Ce profil est soutenu par quelques distinctions obtenues au fil des années, qui ont renforcé la force de ma candidature et mis en valeur mon engagement tant professionnel que personnel.
Pouvez-vous nous évoquer votre parcours scolaire et professionnel et ce qui vous a poussée à concourir au prix ?
J’ai étudié à l’Université Nationale d’Ingénierie (UNI), l’une des écoles les plus prestigieuses et les plus sélectives du Pérou, où j’ai suivi une formation en ingénierie électrique jusqu’en 2022. Parallèlement à mes études, j’ai commencé à apprendre le français avec l’objectif de
réaliser un double diplôme en France. Mais plus encore, je visais la bourse d’excellence Eiffel. Pour y parvenir, je savais qu’il me fallait construire un profil solide et cohérent, capable de raconter une histoire de réussite, mais aussi de résilience et d’apprentissage, et
surtout en lien avec les enjeux professionnels de la France.
C’est pourquoi j’ai commencé à préparer cette candidature plusieurs années avant la fin de mes études à l’UNI. J’ai cherché à acquérir des expériences à l’étranger (en Colombie, au Canada, en Allemagne), à obtenir des lettres de recommandation (notamment grâce à un
stage dans le secteur nucléaire au Canada), à participer à des projets extra-curriculaires, et à valider des diplômes dans plusieurs langues. Grâce à ces efforts, j’ai eu la chance d’obtenir un financement complet pour mes études et ma vie en France pendant deux ans.
J’ai ensuite intégré IMT Atlantique, où j’ai suivi deux spécialisations : Transition énergétique et environnement, ainsi que Management de la performance et du Risque. J’ai effectué deux stages au sein du groupe EDF, dans le secteur du transport d’électricité RTE (au sein de
l’équipe Europe, à Lille), ou j’ai appris énormément de choses sur le réseau electrique francais puis actuellement dans le domaine du marché nucléaire ou je continue mon apprentissage au pôle stratégie avec une vision beaucoup plus “marché”.
Ce parcours m’a donné envie de concourir pour ce prix. Je voulais partager mon histoire, et peut-être inspirer quelqu’un, qui cherche un modèle, une source de motivation ou tout simplement une preuve que tous les objectifs sont atteignables quand on s’en donne les moyens. Quand j’étais étudiante, j’ai eu la chance de participer à des programmes de mentorat qui m’ont beaucoup aidée à trouver cette inspiration. Ce prix est aussi une façon personnelle de montrer que les efforts paient et de rendre fiers mes proches, en particulier mes parents restés au Pérou.
Qu’est-ce que le prix vous a apporté personnellement et professionnellement et comment vous projetez-vous par la suite ?
Je pense que ce prix m’a apporté autant sur le plan professionnel que personnel.
Professionnellement, il me permet de rendre mon profil plus visible, de renforcer la crédibilité de mes projets, d’élargir mon réseau de contacts, et de rencontrer des personnes inspirantes et compétentes, qu’il s’agisse des organisateurs ou des autres participantes. C’est
une belle opportunité pour valoriser mon engagement et mes compétences dans un cadre reconnu.
Personnellement, ce prix représente une reconnaissance très touchante pour tous les efforts fournis au fil des années. La cérémonie de remise des prix a été un moment particulièrement émouvant, que j’ai eu la chance de partager avec ma famille que je vois rarement en raison de mes études et de mon travail à l’étranger. Cela m’a profondément émue et motivée à continuer à m’investir dans ce qui me passionne.
Par la suite, je vais mettre un point final à un parcours étudiant de plusieurs années à la fin du mois de septembre 2025. J’aimerais alors poursuivre mon parcours professionnel en France, au sein d’une entreprise engagée en faveur de l’environnement. Je souhaite également
continuer à développer des projets personnels liés à cette thématique, et à explorer davantage le secteur électrique, qui m’intéresse particulièrement.
Ressentez-vous une disparité des genres dans votre secteur ? Si oui, sous quelle forme ?
Oui, bien sûr. J’ai ressenti cette disparité dans chacun des cinq pays où j’ai eu l’opportunité de m’épanouir sur les plans académique et professionnel. Elle se manifeste à des niveaux différents selon les contextes, mais elle est toujours présente. Dans mon pays d’origine, et en particulier dans mon école d’ingénierie et la faculté d’ingénierie électrique, le pourcentage de femmes peut être inférieur à 10 %. Cela se ressent tout au long du parcours, dans les cours, les projets, et même dans les interactions quotidiennes. En France, la proportion est un peu plus élevée, mais elle reste faible, surtout dans le secteur électrique. Lors de ma première expérience de stage, j’ai constaté qu’il n’y avait qu’une autre femme dans mon équipe, ce qui montre que même dans des pays plus matures en matière d’égalité comme la France, les métiers techniques restent encore très masculins.
Quel conseil donneriez-vous à la version plus jeune de vous-même ?
Je lui dirais de continuer à être disciplinée. À ce moment-là, je ne savais pas toujours si les efforts que je faisais pour essayer de construire un bon profil, comme travailler, participer à des associations extrascolaires ou apprendre des langues, allaient vraiment porter leurs fruits.
Ces activités n’étaient pas incluses dans mon programme scolaire, ce qui impliquait des efforts supplémentaires, souvent les week-ends. Quand on est jeune, cela peut représenter un vrai dilemme, car on se demande si cela en vaudra vraiment la peine. Je lui dirais aussi d’être
persévérante, de ne pas avoir peur de continuer, que la fatigue s’estompera mais que les succès et les merveilleux souvenirs, professionnels comme personnels partout dans le monde resteront pour toujours !




